PLEASE HOLD THE LINE, WE ARE TRYING TO CONNECT YOU...
Le blog, une façon de jeter des bouteilles à la mer. Peut être à cause du bruit: "blog"!
Laisser au fil de l'eau mes découvertes, les mots que j'ai cueillis et ceux tissés dans le silence. Voyager avec eux. Attendre qu'ils atteignent un port ou un rivage où ils dérouleront leur ligne.
On a tous en tête des duos célèbres. ils nous accompagnent depuis la nuit des temps : pas d'Adam sans Eve, de Stasky sans Hutch, de Tic san Tac, de Smith sans Wesson, de Heckel sans Jeckel, de Ping sans Pong, de Dupont sans Dupond, de J sans B.....
Le duo est un tout dont chaque partie se perd dans le miroir de l'autre.
C'est comme ça. Mais est-ce que ça n'est pas pesant de temps en temps?
C'était pourtant facile. On s'était donné rendez-vous devant le piquet. On était tellement surs qu'on se rencontrerait qu'on a oublié de préciser l'heure et le jour. En m'attendant il avait cueilli une fleur. J'avais noué un ruban dans mes cheveux.
On savait que les sentiments voguaient par delà l'Espace et le Temps.
Il était là, dans un jardin de Reims, devant le piquet, au mois de mai 1964. J'étais là, sous le soleil marocain, devant le piquet, au mois de mai ... 1965.
On a mis presque vingt trois ans à lier l'Espace au Temps de ce premier rendez-vous. Se faufiler à deux dans les mêmes dimentions c'est une façon de frôler l'Eternité.
dessin crayon et poème d'Aragon "que serais-je sans toi" encre de Chine
Séance de lâcher de ballons au dessus du pont Neuf la semaine dernière aux Beaux Arts. sur chaque ballon nous avions peint un auto- portrait. ce qui est frappant sur la photo de groupe c'est le sourire sur chaque visage. il fallait lâcher la ficelle tous en mêmetemps, regarder tous les visages s’éloigner dans le ciel bleu. Monter puis partir à la découverte du monde. Il y a une réelle euphorie , une joie enfantine pure à regarder s’envoler les ballons. il se dit que dans le groupe qui nous précédait quelqu'un n'a as pu se résoudre à lâcher son ballon. Toujours difficile de lâcher la main de l'enfant.
Encre de chine et poème d'Aragon "les oiseaux déguisés"
Voilà! Un moment que cette idée de blog me trotte dans la tête. Il fallait sauter le pas.
Gardez la ligne nous allons vous mettre en contact..."Would you please hold the line, we are trying to connect you" c'est le message qu'on entendait en boucle, il y a quelques années, avant internet, sur la ligne téléphonique d'une compagnie aérienne quand on essayait de réserver un billet. L'évasion supposait de déployer une patience d'ange. Passé l'énervement, la phrase s'imprime en vous. "Gardez la ligne" Rester mince? Pêcher? S'aventurer sur les traces de Thésée dans les méandres d'un labirynthe? On avait même le temps de chanter Toto "hold the line, love isn't always on time..." ça durait des heures mais si on ne lachait pas, si on se cramponnait à la promesse du message, promis, on resterait connecté.
Depuis mon inscription aux Beaux Arts, la ligne a pris un sens nouveau.
Un chemin entre le trait et les mots. Trouver le fil, garder la ligne, surtout garder le contact.
PS: j'ajoute le poème d'Aragon cité dans le dessin ci-dessus